23 AOÛT

19h30 et 21h30

MESSES BREVES DE MOZART

Le Concert Spirituel, Hervé Niquet

Basilique Saint-Sauveur de Rocamadour

En vidéo

Distribution

Ensemble Le Concert Spirituel

Direction

Hervé Niquet

Programme

1ère partie
W.A. Mozart : Missa brevis in F Dur KV 192 : Kyrie – Gloria
Sonate d’église KV 328
Missa brevis in F Dur KV 192 : Credo - Sanctus – Benedictus
Michael Haydn :  Ave Verum MH 654
W.A. Mozart : Missa brevis in F Dur KV 192 :  Agnus

2nde partie 

W.A. Mozart : Missa brevis in D Dur KV 194 : Kyrie – Gloria
Sonate d’église KV 225
Missa brevis in D Dur KV 194 : Credo
Joseph Haydn : Adagio Hob XVIII : 8
Missa brevis in D Dur KV 194 : Sanctus  - Benedictus
Ave verum KV 618
Missa brevis in D Dur KV 194 : Agnus

Note d'intention

Hervé Niquet : « Evidemment il y a 50 ans que j'ai chanté ces Messes brèves de Mozart, comme soprane dans ma chorale picarde. J'y avais eu un sentiment de bonheur incroyable. Et j'ai eu envie, un demi-siècle plus tard, de retrouver ce même bonheur avec mes amis du Concert Spirituel – non sans y ajouter quelques trésors inconnus, on ne se refait pas !
La brièveté de ces messes salzbourgeoises, due à un officiant préférant la rapidité des offices à la pompe lourde et sans fin des grandes messes, nous permet d'en jouer deux dans la même soirée. Y adjoindre prélude, graduel, offertoire et motet de communion a été un jeu d'enfant et une gourmandise de chercheur en piochant dans les ouvrages des frères Haydn, Michael et Joseph.
Aucun de nos auteurs ne tire la couverture à lui, tous trois étant concentrés à servir de leur mieux et avec tout leur art le service divin ! Quelques minutes de bonheur grâce à un évêque pressé, c'est le paradis, non? »

Biographie

Hervé Niquet, en chercheur gourmand, propose des pièces rares : les Messes brèves écrites par un Mozart âgé de 18 ans (1774), ainsi que des pièces des frères Haydn ayant abandonné la lourde pompe des grandes messes. Le Concert Spirituel vous fait ainsi revivre les cérémonies salzbourgeoises rivalisant alors avec celles de Vienne. La musique religieuse de Mozart a souvent suscité débats et polémiques. Est-elle de pure commande pour le Prince-Archevêque de Salzbourg, le comte de Colloredo-Wallsee et Mels, ou est-elle l’expression d’une foi, d’une spiritualité sincère ? Son abondante correspondance nous en apprend beaucoup sur sa personnalité, son rapport au divin mais également sur son admiration sincère pour les frères Haydn, dont il demandait régulièrement à son père de lui faire parvenir les travaux.

On imagine sans peine la difficulté pour un esprit aussi prolifique que celui de Mozart de se plier à l’exigence des « commandes » et plus particulièrement encore dans le cas de ces messes destinées à l’office ordinaire. Alors que ce carcan aurait pu brider Mozart tout comme les frères Haydn, on s’aperçoit au contraire que l’absence de moyens et l’épure exigée n’eut d’autre conséquence que de concentrer leur expression. Car alors quoi de plus subtil que de laisser la musique transmettre, sans mots, les idées du texte divin ?

Le programme de ce concert nous invite à expérimenter ce questionnement, les Messes brèves KV 192 et KV 194 de Mozart, adoptant chacune une position différente, ou l’Ave verum KV 618 de Mozart cherchant la synthèse. Ils répondent en cela à l’idéal d’équilibre considéré comme indispensable à la beauté par la société du XVIIIe siècle. Dépouillées de la dispersion qu’engendre l’illustration d’un texte mais aussi d’un trop grand développement instrumental, ces deux pièces offrent un caractère épuré. Elles concentrent toute leur expressivité dans peu de moyens : les couleurs harmoniques ou les fluctuations de la mélodie. L’expression ramenée à l’essentielle touche alors au plus intime.